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sa mort, en 1603, les travaux n'étaient pas encore terminés. Les
matériaux les plus précieux avaient été achetés de la Chine, l’Inde….
Construit dans la partie nord est de la kasba des Almohades. Le
palais El Badii était destiné aux fêtes et aux audiences solennelles
pendant lesquelles le souverain pouvait faire montre de son faste
autant devant l’élite du royaume que devant les ambassades étrangères.
L’ensemble palatial est constitué d’une
grande cour en forme de rectangle de 135 m sur 110 m, au milieu
de laquelle fut aménagé un bassin de 90 m sur 20 m au centre duquel
s’élevait une fontaine monumentale munie de deux vasques superposées
et surmontées d’un jet d’eau. De part et d’autre de ce bassin
central, deux dépressions sont couvertes d’arbres et de fleurs
disposées dans des carrés séparés par des allées pavées de zelliges.
Les angles du palais sont occupés par des bassins rectangulaires
de 30 m sur 10 m. Autour de l’immense cour du palais Badiâ s’organisent
les ruines imposantes d’anciens pavillons.
De part et d’autre du grand bassin central,
s’élevaient deux pavillons se faisant face : l’un, connu sous
le nom de Pavillon de cristal, a fait l’objet de fouilles qui
ont mis au jour son plan tandis que le gros œuvre du second, appelé
Pavillon des audiences, subsiste sous forme de hautes murailles.
Tous deux, de plan presque identique, étaient couverts d’une coupole
aux douze colonnes. Le sol des deux pavillons était couvert de
zelliges dont on peut observer quelques spécimen dans le Pavillon
des audiences.
Deux autres pavillons, de dimensions plus
importantes, occupent le milieu des côtés nord et sud. A la différence
des deux premiers, la disposition du Pavillon vert et du Pavillon
de l’héliotrope, légèrement en retrait, permettait l’aménagement
de deux galeries ouvertes le long des murs soutenues par deux
séries de colonnes de jaspe.
La porte principale qui portait le nom
de Bab Al-Rokham, Porte du marbre, s’ouvrait dans l’angle sud-ouest
de la face sud du palais. D’autres portes mentionnées par les
chroniqueurs s’ouvraient sur les faces sud, est et ouest.
Il ne reste pas grande chose du décor du
Badiâ, sauf quelques fragments de colonnes, de stuc et de carreaux
de faïence. En effet, le Badiâ fut détruit au XVIIème siècle sur
ordre du sultan Alaouite Moulay Ismaïl (1672-1727). Commencée
vers 1696, la démolition dura une dizaine d’années. Une grande
partie de ses matériaux auraient été acheminés vers Meknès pour
être réemployée dans la construction de la ville royale de Moulay
Ismaïl.

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